A
 
Afrique     
Amertume
Amour
Processus plus ou moins accéléré de la perte. Les espoirs disparaissent, les enthousiasmes s’évanouissent, les flux se tarissent. Tout semble exister en creux, en négatif. Appelée sentiment, cette pulsion ou instinct totalement absurde, ne peut apporter que des troubles mortifères. Amour reste pourtant le terme le plus employé dans toutes les langues de la terre. En religion, en philosophie, en langue de la rue, il est sans cesse évoqué. Presque toutes les cultures de la planète, ainsi que la plupart des littératures en font leur axe central. Il s’agit bien sûr du plus grand leurre que l’humanité ait inventé. Il va de paire avec l’espoir de bonheur, autre imposture généralisée.
Angoisse
Asie
 
                       À la suite des nombreux voyages et séjours dans de                                 nombreux pays d’Asie où je me déplace et mène une existence d’habituée, demeure une distance, énigmatique mais que je ne cherche pas à réduire.
La fascination pour de nombreux peuples asiatiques ne parvient pas à effacer une sorte d’arrière-plan de cruauté et d’horreur, sans doute perceptible de moi seule.
Un jour, dans le marché central de Pnom Penh, je regardais les jeunes vendeurs d’or et de soie, les marchands de légumes, les balayeurs et les porteurs de caisses. Tous laissaient flotter sur leur visage une sorte de douceur. Ils semblaient de connivence avec le monde entier. Brusquement, avec leurs membres frêles et la grâce de leurs mouvements, ils me sont apparus, tortionnaires et bourreaux. La moindre alerte pouvait faire basculer la foule souriante en monstres de cruauté.
La transformation possible peut survenir dans chaque pays du monde. Au Cambodge, elle me paraissait évidente
Avion
L’horreur de la chute. La transgression de la pesanteur. Le retour au mythe d’Icare avec ses contradictions et ses menaces. L’angoisse augmente avec le temps. Depuis quarante-cinq ans que je voyage (la plupart du temps en avion), la situation empire. Maintenant l’agression commence dès le franchissement des portes de l’aéroport : présence deux heures, trois heures ou même quatre heures (Addis Abbeba) avant le départ de l’appareil, premier contrôle d’identité avant l’ attente pour l’enregistrement, pesage  et vérification des bagages,  attente, acheminement vers des salles-sas pour l’au-delà,  attente, passage de la douane fictive, file d’attente, fouille des bagages à main, interdiction de transport de certains objets ou matériaux, ordre de lever les bras, fouille sur le corps par des employés aux mains gantées (ou non) qui semblent posséder tous les droits, ordre de quitter ceintures, chaussures, sacs à mains, clefs, comme pour une admission en prison, acheminement dans une autre salle insipide, nouvelle attente, processus d’embarquent, vérification de l’identité, cheminement dans des couloirs aveugles, nouveau contrôle sur le seuil de l’appareil, guidage vers le siège imposé, obligation de s’attacher sur le siège pour de longues heures, conseils ou intimidation dictés par une voix anonyme,  panique lorsque les lourdes portes de la cabine se referment sur le cercueil volant, dramatisation au moment du décollage, attente impuissante, turbulences, nourriture fade, dans le seul but d’atteindre la zone « rassurante » du palais, celle que les bébés touchent avec leur pouce, atterrissage, débarquement, attente, contrôles etc. Cet itinéraire mortifère dû en partie à la paranoïa des gouvernements et des compagnies aériennes m’ôtent toute envie de voyager en avion. Il ne s’agit pas de la prémonition du danger, mais de la perception d’une volonté humaine d’amoindrir et même d’humilier. Un ami me disait : « toutes ces consignes de sécurité ridicules n’empêchent aucun accident, aucun attentat et je préfère courir le risque d’exploser avec la bombe, plutôt que de me voir traiter en prisonnier criminel ! »
 
B
Babylone
Bagdad :
source de réflexion et de jubilation.
Borges Jorge Luis : Sa main froide reste un moment sur la mienne. Déjà aveugle, mais se rendant chaque matin à la grande librairie des galeries du centre de Buenos Aires où chacun peut venir lui parler. Un français parfait presque sans accent. Il évoque longuement Montaigne et la béance. Je retrouverai la béance avec Jean Duvignaud, vingt ans plus tard: “béant aux choses de ce monde”
Bruit :
Bonheur : utopie qui mérite réflexion (Le goût du bonheur, Le Chêne, Paris, 2006, réédité en 2007)
 
C
Chamane :
Au cours de ma vie, je rencontre plusieurs chamanes ; ceux qui revendiquent leur statut, leur autorité et leurs pouvoirs et ceux qui s’effacent.
 
À l’âge de huit ans, je chantais dans une chorale. Tous les samedi, après l’école je me rendais avec ma sœur dans les locaux du temple protestant du Boulevard de la Gare. Le pasteur Walz dirigeait les répétitions. Il aimait ça et variait le répertoire qui allait de Palestrina, à Mozart en passant par Bach, mais aussi Josquin Després, des Noël tchèques et des polyphonies vocales byzantines.
Après, j’ai beaucoup chanté, seule où avec des amis. Et puis une femme marocaine est arrivée dans la vie de mon mari. J’en ai perdu la voix. Peu à peu, je m’efforce de la retrouver, mais ma voix est effondrée et ressemble à celle des nourrices sèches.
Dans la musique, c’est la voix humaine qui me fascine au-delà des prouesses de tout instrument. Cependant, très rares sont les voix qui touchent le point de la révélation : Kassimov lorsqu’il entonne un mugam, Patricia Petitbon avec Mozart, Véronique Dietschy, chantant l’Euridice de Caccini, les accents des castrats, des haute-contre, l‘aigu « au vinaigre » des jeunes premiers d’opéras chinois. Ces voix-là peuvent mettre en pièces. L’individu qui écoute ou entend s’effondre et ne se reconstruit qu’après un certain temps, lorsqu’il parvient à éprouver le désir de se reconstruire.
Beaucoup de chanteurs truquent, même parmi les plus grands. Le chant, (le véritable) activité douce-amère privilégie la délectation morose. Les autres formes vocales me demeurent extérieures.
 
En 1983, dans l’année qui suit la création de la Maison des Cultures du Monde , elle organise un festival de contes à Paris et à Terrasson. En résulte un livre sur les minutes du colloque : Conteurs du monde, Edition MCM, Paris.
Je me réjouis toujours de faire des communications sur le conte et les conteurs. Grenoble, Limoges, Musée des Arts et Traditions Populaires, Centre Pompidou, Beyrouth, Terrasson, Bordeaux, Lyon.
À quelques occasions, je conte. Gilgamesh dont je dessine le récit sur des rouleaux et pour qui Paul Matar de Beyrouth me fait la musique.
Paris, Saint Etienne, Beyrouth, Damas.
J’aime conter parce que je recueille le souffle des auditeurs. Et pourtant je connais mes défauts. Ma voix aux scansions universitaires devient souvent sifflante.
Lorsque je l’entends dans un enregistrement je la trouve désagréable. Comment comprendre alors l’attention de l’auditoire ?
Avec le temps, j’ai acquis une certaine pratique d’analyse du contage. C’est pourquoi, des institutions m’invitent à des tables rondes sur le conte, l’oralité, la vocalité. La dernière invitation en date : Grenoble, à l’initiative du Conseil général de l’Isère, le 20 novembre 2007 à l’occasion des « Journées du sénégal »
Corps :
Énigme et souffrance, mais, comme l’écrit Nietzsche, aussi « la dimension du monde ».
Le corps et le sacré, Le chêne, Paris, 2001
Participation au Dictionnaire du corps, PUF, Paris, 2006 (article sur la danse). David Le Breton m’associe à la rédaction de cet ouvrage, ce qui me rend très heureuse. Lui-même réfléchit beaucoup et écrit sur ce sujet (Corps et société)
Souvent, il est dit : il n’y a pas de corps sans esprit, ni d’esprit sans corps ! À remettre en question !
Les corps des accidentés, branchés sur des machines à respirer, tous ceux qui gisent et que les actifs appellent « légumes », gardent-ils une trace d’esprit ? D’autres part, les esprits sans corps ne cesseraient de hanter les légendes, la Bretagne où je vis. Certains cherchent l’hébergement dans un corps, les autres nomades, s’amusent des frayeurs qu’ils causent.
 
 
D
 Un domaine que je tente d’ explorer sous de multiples angles. Journaliste à Danser, magazine mensuel français. Nombreuses conférences sur le sujet en France et à l’étranger (Yamousoukro : rencontre internationale organisée par l’Unesco, 1988. Libreville, séminaire sur la danse africaine, 1989, Marseille, « la danse des géants du nord » pour « Scènes invisibles », événement organisé par la Grande Halle de La Villette…)
Danses de la terre, La Martinière, Paris, 2000
Danse in Dictionnaire du corps, PUF, Paris, 2006
 
Dragon:
 
Maître à penser et ami connu à Hammamet en 1965, alors que je participe  avec Chérif Khaznadar,  à la direction du Centre Culturel d’Hammamet. (Curieuse association d’une villa construite, entre les deux guerres par Sebastien, un hobereau roumain homosexuel et d’un théâtre en plein air dressé par Alliot et Chémétov, dans les années soixante, sur le modèle des amphithéâtres romains).
E
Écriture.
Un moyen de calmer l’impatience et l’angoisse. L’écriture appartient aux techniques de la ruse de vivre, évoquée par Jean Duvignaud.
 
Ethnoscénologie :
Nouvelle discipline fondée en 1995 par le groupe que nous formons avec
Jean Duvignaud,  Jean-Marie Pradier et quelques autres universitaires internationaux. En 2010, Yves Vadé, de l’Institut des Études euro-asiatiques du Quai Branly me demande d’écrire un article sur le sujet pour la revue qui porte le même nom.
 
Estrade Martine. Naissance d’une amitié en 2006 après une de ses conférences au musée de l’Homme. Présentée par Jacqueline Schaeffer
En lien, site de Martine Estrade
Edition:
Une utopie; fonder ma propre maison d’édition, dans un esprit de liberté, en rejetant les contingences commerciales. Trop tard !
 
F
Falsification, faux-semblant
 
G
Gaspillage rituel:
Gulliver, ses voyages, son créateur Swift
 
H
Hamayon Roberte
 
I
Ibn Battuta
Injustice:
Ile
 
J
Jeu :
 
K
Khaznadar Chérif. Rencontre à l’Université du théâtre des nations à Paris en 1962. Mariage à Damas en 1963
Karim mon fils, né en 1965 à Paris
 
L
Livres:
Le Breton David:
 
M
Mugam : chant d’Azerbaïdjan auquel, particulièrement sensible elle accorde des qualités…
Miroir : Recherche actuelle avec Martine Estrade, psychiatre et psychanalyste
Mensonge:
Mésopotamie:
 
N
Nietzsche 
Philosophe préféré. Zarathoustra comme livre de chevet
Nemo Capitaine
 
O
Orisha
 
P
Possession.
 
Poupée.
Depuis 2005, création de poupées dites de guérison. Je les fabrique avec toutes sorte de matériaux, en choisissant plutôt des rebuts. À partir de 2006 je travaille un corps, toujours féminin, (imaginaire et souvent monstrueux, c’est à dire montrant des disproportions ou des anomalies), en tapisserie au petit point. En 2008, j’expose trois de ces figurines au Salon d’Automne. Peu de réactions! En 2010, à côté d’une vingtaines de toiles, j’en présente sept au Centre Intermonde de LaRochelle. Là, les réactions se font plus précises. Je refuse de vendre. Mon projet est de les exposer dans une galerie spécialisée dans l’art singulier. Chaque figurinr exige au moins six mois de travail.
Poupées guérisseuses, communication pour un colloque organisé par l’association «  Marionnettes et thérapie »
À la fin de mon activité à la Maison des Cultures du Monde, une dame de mon âge, Christine Basque demande à me rencontrer. Elle possède, dans sa maison de Courbevoie, une collection de plus de dix mille poupées et souhaite que je l’aide à organiser une donation pour une institution. Les organismes contactés refusent, car un tel héritage demande des locaux et des moyens. Elle se désespère, car son espace de vie se rétrécit, de plus en plus, au profit du nombre de poupées qui ne cesse d’augmenter. Nous devenons amies et elle vient me rendre visite à La Rignière, tout en fréquentant les expositions de Vitré.
Lien poupée
 
Peur
(Voir texte Afrique, en particulier)
 
Q
Qawali
 
R
Rituel. Recherche et présence physique à de nombreux rituels. Au départ, égarement total. Puis …
 
S
Surnature. Terme que j’utilise,  à la suite de Roberte Hamayon, la spécialiste du chamanisme boréal et de Bertrand Hell, chercheur et écrivain dans le domaine des possessions du Maghreb et des Comores.
 
Subterfuge. Processus extrêmement fécond utile dans d’innombrables domaines de la vie humaine et animale. Je me sers de ce détour pour éclairer la création de formes spectaculaires, telles que le Tchiloli de São Tomé ( Éditions Magellan, 2006)
 
Scorpion: ne peut s’empêcher de lancer son dard venimeux quelles qu’en soient les conséquences.
 
T
Teyyam
Tchiloli
 
Théâtre d’images
Au cours des années 80, je n’aimais déjà plus beaucoup le théâtre, qui pourtant m’avait collé au corps pendant toute ma jeunesse. Il me vint, alors, l’idée que le théâtre, plasma éphémère, jaillit spontanément d’un ensemble de formes, de couleurs et de gestes et reste indépendant de l’idée à exprimer. Coque vide qui se rempli de l’eau des pluies de hasard, le théâtre demande juste un enregistrement au bon moment...au passage de la douane. Quel revirement, pour une ancienne Brechtienne !
Me plaçant alors dans un espace neutre (dans la mesure du possible), j’attaque les surfaces (murs, sols, plafonds), avec des couleurs envoyées par de grands gestes souvent disloqués. Des  incohérences jaillissent, puis se mobilisent, peu à peu, en présences, puis en sujets. La narration de thèmes superposées vient à l’existence. Après, il suffit de se laisser porter par l’épaisseur des brosses et la consistance de la peinture.
Le hasard (dans la mesure où il existe) joue son rôle. Des histoires se suivent où se mêlent avec les personnages qui naissent. Les grandes dimensions me comblent et parviennent à me faire jubiler. Intense effort physique qui me donne des crampes dans les jambes, pendant la nuit.
Le premier théâtre d’images, à la Galerie du Théâtre du Rond Point, je le trouvai bien incomplet. Il suscita pourtant le désir d’organisateurs d’événements...au Venezuela.
Le second prit donc place au Museo de Bellas Artes à Caracas, dans une sorte d’entresol de ciment, ouvert sur les mousses tropicales du jardin.
Le troisième, celui de Rouen, à la Maison de le Culture Duchamp-Villon, m’obligea à une lutte avec un espace difficile, une sorte de cafétéria, laissée à son sort de débarras de scène. Quelques étudiants des beaux Arts de Rouen, venus participer à l’aventure, abandonnèrent presque immédiatement. Ils ne voyaient rien à tirer de cette expérience. L’endroit, métamorphosé devient aussitôt, un espace pour les conteurs.
Ensuite vint le théâtre d’images de La Réunion, dans l’ancienne usine à sucre de Pierrefonds, près de Saint Pierre. Cinq jeunes gens, puis des gosses de travailleurs coupeurs de cannes, ainsi  que des camionneurs se présentèrent et osèrent tremper les pinceaux dans les gros pots de peinture.
Bagatelle, avec ses serres, à demi-enterrées, accueillit le suivant auquel j’avais donné le titre de “vêtements-jardins”, un peu par provocation.
À cette époque, je donnais des cours à l’université de Nanterre. Six de mes étudiants se proposèrent pour peindre et faire de la figuration.
Ellen Stewart, la Mama de New York, qui assista à une des présentations, m’invita au festival de Spoletto, dans une de ses villas italiennes de l’après Renaissance. Des metteurs en scène coréens, japonais, italiens et américains participèrent - d’abord extrêmement septiques - à l’aventure.
Au bout de trois semaines, le théâtre d’images se présentait, bancal, très incohérent du fait des différences entre les personnalités, mais de vint un point fort du Festival. La Rai en fit un documentaire somptueux que je n’ai jamais pu récupérer.
Budapest, avec l’ancienne usine où la Maison de disques Fono entreposait ses caisses, m’accueillit. Alain Krewiss qui m’avait secondée, pour plusieurs théâtres d’images m’accompagna.
Entre temps, le Festival d’Assilah, au Maroc, m’invita à peindre un angle de rues dans la medina. Jean-Louis Gouraud me demanda de peindre une entrée de jardin, dans sa propriété près de Montargis.
La Maison des Cultures du Monde publia un livre: “Théâtres d’images et murs peints de Françoise Gründ”
 
Tombe à la fille
Talisman:
Transgression
Transe
 
U
Université
Ubiquité
 
V
Vernes Jules. Relu cent fois depuis l’enfance avec la même fascination
Voix
Verger Pierre: conversation dans la petite case de bois d’un quartier de Salvador. Assis derrière un tréteau de bois brut, recouvert de photos et de feuillets. Un verre avec trois pinceaux fins.
 
W
Wagner:
Weigel Elena
Waki:
Welles Orson:
 
X
X’ossa
Peuple  d’Afrique du sud dont les femmes chantent des polyphonies vocales, entrecoupées de hoquets.
 
Y
Yémen
Pays de l’émerveillement
Ys
Ville engloutie comme le sont beaucoup de choses
 
Z
Zanzibar
Île de toutes les licences, odeur de girofle et ville de pierre quand résonne dans les maisons basses les voix du tarab.
 
Zambie
 
Zingaro
 
FGK par ordre alphabétique
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